3 idées reçues sur la concertation, l’exemple des projets éoliens – Idée reçue n°1 :  » Si je communique trop, je risque de réveiller les oppositions « 

Idée reçue n°1 :  » Si je communique trop, je risque de réveiller les oppositions « 

Lorsque chez Explain nous discutons avec les responsables de projets éoliens avec qui nous travaillons, nous entendons souvent les mêmes interrogations sur la manière dont il faut mener une concertation auprès des riverains des projets éoliens :

  • A quel moment faut-il aller à la rencontre des riverains ?
  • Est-ce qu’ils ne seront pas de toute façon majoritairement défavorables ?
  • Est-ce qu’aller rencontrer les habitants ne va pas les inciter à se mobiliser contre le projet ?

Notre expérience du terrain et les données que nous collectons nous permettent aujourd’hui de répondre à ces interrogations. Pour ce mois de juin nous vous proposons une série de trois articles pour déconstruire ces idées reçues :

Il peut être tentant de penser que moins on va parler de son projet, moins les riverains seront au courant, plus on a de chances d’éviter des mouvements d’opposition locaux. Combien de fois n’avons-nous pas entendu la question « mais si on communique sur le projet, est-ce que ça ne va pas réveiller des opposants qui sinon ne se seraient pas manifestés ? ».

Ce n’est pas ce que nous ont montré les campagnes de porte-à-porte que nous avons déployées autour de projets éoliens :

1- Les gens entendront parler de votre projet, de toutes façons. Alors autant que ce soit par vous, et le plus tôt possible.

2- Lorsque des oppositions se structurent localement, c’est souvent par manque d’information.

En effet, l’une des principales vertus du porte-à-porte est d’assurer que l’information qui parvient aux riverains sur un parc éolien en projet près de chez eux est une information claire, précise et de première main. Quel genre de questions se posent les habitants sur ces projets ?

Quelques exemples de questions entendues sur le terrain

« Les éoliennes font du bruit qui empêche de bien dormir la nuit » (dans la Marne)

Pas de risque pour votre sommeil : une éolienne est située à minimum 500 mètres des habitations et émet à cette distance un bruit de 34 décibels, alors qu’un réfrigérateur en émet en général au moins 40 !

« J’ai entendu dire que les éoliennes seront tout près de chez nous et peuvent tomber sur nos maisons ! » (dans le Cantal)

Faux ! Elles sont à minimum 500m (on peut montrer où exactement), aucun risque pour les habitations !

Lorsque les doutes autour d’un projet proviennent d’informations de seconde main, d’informations déformées ou de craintes infondées, une meilleure information favorisera l’acceptation du projet. Par ailleurs, répondre directement à ces questions est une belle preuve de transparence et de bonne foi de la part du porteur de projet !

Nous tirons deux constats de l’analyse des données que nous faisons remonter de nos campagnes de porte-à-porte :

1. En général, plus les riverains sont informés, plus la part de riverains favorables est importante. L’exemple le plus frappant est celui d’une double campagne de porte-à-porte que nous avons menée autour d’un parc éolien en Bretagne : nous y sommes allés une première fois pour informer les riverains du projet en cours puis quelques mois après pour mobiliser les riverains pour l’enquête publique. Lors de la deuxième campagne de porte-à-porte la part de la population favorable était de 48%, contre 45% lors du premier passage.

2. La part de riverains défavorables à un projet n’augmente pas lorsque des actions d’information et de concertation sont menées sur le territoire. Par exemple, sur cette même campagne en Bretagne, la part des riverains défavorables est restée inchangée après un premier passage en porte-à-porte (cf ci-dessous).

Ainsi, aller au-devant des riverains pour leur présenter le projet et répondre à leurs questions ne pourra qu’être bénéfique à la suite du projet et à une relation apaisée et transparente avec le territoire. Rester silencieux risque de laisser la part belle aux rumeurs et idées reçues.

La suite – idée reçue n°2 : Si je communique trop tôt, je n’aurai rien à raconter et ce sera contre-productif !

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