Que faire après une campagne de porte-à-porte ?

Si les campagnes de porte-à-porte permettent d’informer les riverains vivant à proximité d’un  projet à un instant T, elles permettent aussi de guider le processus de concertation sur le long terme. Elles apportent de nombreuses informations sur l’opinion des riverains, sur les sujets qui les préoccupent et sur les attentes de ceux-ci en terme de concertation. Mais savoir comment exploiter ces données n’est pas toujours simple. Dès lors, comment tirer profit d’une campagne de porte-à-porte ? 

Pour commencer petit rappel de toutes les informations que l’on peut récolter lors d’une campagne.

L’opinion des riverains sur les projets industriels :

Sur un territoire, grâce au porte-à-porte, on peut déterminer si le projet industriel prévu est bien perçu ou non par la population. A titre d’exemple, nous avons eu l’occasion de travailler avec une entreprise qui souhaitait implanter un projet EnR sur un territoire mais qui voulait s’assurer que ce type d’énergies étaient acceptées localement avant de se lancer dans un processus de concertation.

Il s’est avéré que 77% des personnes rencontrées étaient favorables ou très favorables aux énergies renouvelables avec une préférence pour l’énergie solaire. En effet, 44% ont cité cette énergie comme leur source d’énergie préférée contre 16% pour l’éolien. Ces résultats peuvent permettre d’orienter la mise en place de projets futurs en fonction de l’avis de la population locale sur un thème comme les EnR.

L’opinion locale sur un projet :

Plus précisément, les campagnes de porte-à-porte apportent des données sur l’opinion des riverains sur un projet en particulier. Cela offre deux avantages : 

  • Déterminer si un effet NIMBY (not in my backyard – “pas chez moi” ) existe sur le territoire d’implantation : en comparant l’avis des locaux sur les EnR en général avec l’opinion sur un projet en particulier sur le territoire. Si l’avis sur les énergies renouvelables est souvent positif sur un territoire, il arrive aussi que l’opinion sur un projet EnR sur ce même territoire suscite l’opposition. Ceci est le signe qu’il y a un vrai besoin d’apporter de l’information sur le sujet afin de désamorcer toutes idées reçues et fausse croyances.
  • Donner un aperçu précis de l’avis de la majorité silencieuse sur un territoire qui est souvent trop peu entendue au profit d’une minorité bruyante. Sur un territoire la campagne de porte-à-porte permet d’aller à la rencontre d’un maximum de personnes et donne la parole à des riverains qui n’étaient pas entendus avant. Sur ce point, les retours d’expériences des différents chefs de projets qui ont fait une campagne de porte-à-porte sont tout à fait parlants. A ce titre nous vous invitons à consulter les retours d’expériences de chefs de projets qui ont décidé de mener une campagne de porte-à-porte pour un projet éolien:

L’opposition ne représente pas forcément la majorité : ce que révèle une concertation hyper-locale

Répondre aux craintes de saturation par le porte-à-porte

Des contacts :

Les campagnes de porte-à-porte permettent aussi de récolter des contacts : soit des adresses mails, soit des numéros de téléphone, qui seront utiles pour mobiliser des soutiens et les tenir informés sur la suite du projet. En moyenne sur une campagne de porte-à-porte nous récoltons les coordonnées de 44% des personnes avec qui nos ambassadeurs ont eu une conversation. 

Les sujets et thèmes de discussions qui reviennent le plus :

Le relevé des sujets abordés lors des conversations entre riverains et enquêteurs permettent de déterminer les thèmes qui ont de l’importance aux yeux des riverains. Chaque projet a ses spécificités. Pour certains projets le sujet qui revient le plus peut être le paysage, pour d’autres ce sera le bruit ou encore l’impact écologique. Ces sujets sont qualifiés en positif et négatif. 

A titre d’exemple sur toutes les campagnes que nous avons menées le sujet le plus évoqué en termes positifs est la transition énergétique (25% de notre échantillon), le sujet le plus évoqué en termes négatifs est le payage (13% de notre échantillon).

Mais ces sujets les plus évoqués varient fortement d’un territoire à l’autre, c’est pourquoi il est important de mener une concertation sous l’angle hyper-local pour répondre précisément aux attentes des riverains concernés.

Comment utiliser ces données après la campagne ?

Montrer aux élus ou aux services l’état une photographie précise de l’opinion

La cartographie de l’opinion des riverains peut être un instrument très utile pour discuter avec les élus. Elle permet de leur montrer objectivement l’état de l’opinion locale et éviter toute estimation d’opposition basée sur des bruits de couloir. Cette cartographie est de plus la preuve de la réelle volonté de concertation de l’entreprise sur le territoire. A l’heure où tous les projets éoliens sont attaqués et font face à des associations bruyantes, cela peut donner une aperçu biaisé sur l’acceptabilité globale du projet. Consulter la majorité silencieuse permet de prouver que tout le monde n’est pas contre le projet. 

Mobiliser les soutiens pour les échéances futures

Les contacts récoltés vont être utiles pour organiser des permanences, des réunions publiques et à terme mobiliser un maximum de personnes pour l’enquête publique. 

En effet, les enquêtes publiques rassemblent en général bien peu de monde alors qu’elles constituent une opportunité pour la population de donner son avis sur le projet. Par ailleurs, cela est aussi utile pour tenir informés vos contacts sur l’avancée du projet et sur des sujets qui les concernent et les préoccupent.

Cibler sa communication sur un projet

En effet, savoir quels sont les sujets les plus abordés lors de la campagne permet de cibler précisément la communication sur les points qui ont de l’importance aux yeux des riverains et de faire ainsi face aux idées reçues dont certains projets peuvent être la cible : l’impact acoustique et visuel, la santé etc… . De plus, c’est aussi l’occasion d’interroger la population sur la façon dont elle veut être informées de l’avancée du projet. Cela peut être sous la forme de permanence, d’ateliers, de distribution de flyers ou encore d’affichage en mairie. Interroger la population sur le meilleur moyen de l’informer c’est maximiser ses chances de l’impliquer dans le projet.

Voici par exemple les recommandations post-campagne pour un projet éolien dans le Pas-de-Calais.

(*A noter que cette campagne a été faite très en amont de l’enquête publique, ce qui offre l’avantage de cibler précisément la communication sur ce projet, néanmoins il est aussi possible de faire une campagne même à un stade avancé du projet)

Ainsi, une campagne de porte-à-porte fournit la base sur laquelle s’appuyer pour communiquer sur un projet et permet de construire sa concertation en se concentrant sur le coeur des préoccupations des riverains. Dans cet esprit, mener une campagne de porte-à-porte bien en amont permet de tisser une relation de confiance avec les riverains pour un climat de dialogue apaisé. Malheureusement, trop souvent, les développeurs de projets, ayant peur de ne rien avoir à dire en amont sur leur projet, tardent à communiquer. Or, cette façon de faire s’avère souvent être contre-productive. Si vous souhaitez en savoir plus sur ce point nous vous recommandons de lire : Idée reçue n°2 : “Si je communique trop en amont du projet, je n’aurais rien à dire et ce sera contre-productif !”

L’opposition ne représente pas forcément la majorité : ce que révèle une concertation hyper-locale

Entretien avec Adrien Appéré, Epuron

Le contexte d’une campagne en Charente

Epuron, prévoyait la construction d’un parc de sept éoliennes en Charente. Problème, des associations d’opposants s’étaient déjà constituées suite à l’implantation d’un premier parc éolien et les élus n’avaient aucune idée de l’avis de la population sur ce nouveau projet.

Pour répondre à cette question, Adrien Appéré a fait appel à eXplain pour une campagne de porte-à-porte de deux jours et dans trois communes. Après avoir frappé à 279 portes, la campagne a révélé une photographie précise de l’avis des riverains sur le territoire.

Une photographie précise de l’opinion

Résultat, la plupart sont, soit neutres (25%), soit favorables au projet (45%). Finalement, c’est 70% des riverains qui ne sont pas opposés,contrairement à ce que pouvait laisser penser les pétitions et associations d’opposants. En plus les ambassadeurs ont été largement sollicités par les locaux pour répondre aux interrogations que ce projet suscite.

“Il y a eu une opposition tardive au projet et les élus ne voyaient que cette opposition. L’idée c’était de mettre un chiffre, de quantifier cette opposition et l’avis des locaux. (…) La campagne de porte-à-porte nous a aidé à être rassurés sur des oppositions qui ne se sont, finalement, révélées pas si fortes que cela.”

Adrien Appéré est directeur de développement chez Epuron, il a accepté de s’exprimer sur les enjeux d’acceptabilité et notamment sur l’importance de la concertation.

Quel était votre rôle dans le projet ?

“Je dirigeais le projet et l’intégralité de l’étude, j’étais en relation avec les élus et les locaux”

Pourquoi avez-vous fait appel à eXplain ?

“Il y a eu une opposition tardive au projet et les élus ne voyaient que cette opposition. L’idée c’était de mettre un chiffre, de quantifier cette opposition et l’avis des locaux. Parfois les opposant viennent de loin pour contester le projet ce qui fausse l’idée qu’on peut se faire de l’acceptabilité du projet.”

En quoi la campagne menée en porte-à-porte vous a aidé pour votre projet ?

“La campagne de porte-à-porte nous a aidé à être rassurés sur des oppositions qui ne se sont, finalement, révélées pas si fortes que cela. Par ailleurs, dans un contexte où l’opposition se fait entendre il est important de communiquer différemment. Il y aura toujours des gens contre mais il faut aller chercher ceux qui n’ont pas d’avis pour les inviter à prendre part au projet. La campagne de porte-à-porte nous a permis de mettre en avant un maximum d’avis favorables et de favoriser l’acceptabilité du projet.”

Quels sont, selon vous, les enjeux de l’acceptabilité dans le secteur de l’éolien aujourd’hui ?

“Il faut renforcer cette partie aujourd’hui. On ne peut pas arriver avec un projet et l’implanter sans concertation, il faut apporter plus d’informations et plus de connaissances sur l’éolien. Pour nous, le porte-à-porte est un bon outil car il apporte une connaissance du territoire. Cela recentre le projet sur des éléments dont les locaux sont proches. Par exemple, informer sur la transition énergétique est un sujet qui préoccupe les riverains et favorise l’acceptabilité des projets.”

Cet article vous a plu ? Téléchargez notre cas d’étude sur le projet :

https://content.explain.fr/cas-d-etude-epuron

Répondre aux craintes de saturation par le porte-à-porte

Entretien avec Frédéric Tessier, chef de projet chez RES

Le contexte d’une campagne de porte-à-porte en Charente

RES prévoyait la construction d’un parc de cinq éoliennes sur un territoire où il y avait un sentiment de saturation grandissant parmi la population. Frédéric Tessier, responsable du projet, a fait appel à Explain pour mener une campagne de porte-à-porte sur le territoire concerné. L’objectif ?

  • Cartographier l’opinion des riverains sur un éventuel projet éolien près de chez eux
  • Transmettre aux habitants des informations sur le sujet
  • Relever les questions et les craintes que peuvent susciter un tel projet

Une photographie précise de l’opinion

Après 4 jours et 979 portes frappées, RES a pu obtenir une photographie précise de l’avis des riverains : 73% ne sont pas opposés au projet, avec 39% de favorables et 34% de neutres ou indifférents. Autre signe positif, les ambassadeurs ont été largement sollicités car 81% des riverains ayant ouvert leur porte ont eu une discussion avec eux.

“Les enjeux de demain sont tournés vers l’acceptabilité”

Frédéric Tessier qui a participé à ce projet a accepté de répondre à nos questions.

Quel était votre rôle dans le projet ?

“Je suis ingénieur pour de nouveaux projets. J’initie le projet, j’évalue la faisabilité sur le site et je mène les premiers contacts avec les élus et les propriétaires.”

Pourquoi avez-vous fait appel à Explain ?

“Il y a de fortes attentes localement des services instructeurs sur le niveau et sur la qualité des concertations. Les élus sont souvent tiraillés entre les associations d’opposants et la mise en place du projet : ils peuvent penser que l’opposition qui s’exprime représente la majorité de l’opinion publique. Faire appel à Explain nous a permis d’avoir une vision assez fine et de montrer le vrai tableau du territoire.”

En quoi la campagne de porte-à-porte vous a aidé pour votre projet ?

“Cela a éclairé les élus sur ce que pensent les habitants et a permis de créer des contacts avec les administrés pour la participation aux enquêtes publiques. Ainsi les gens qui s’intéressent au projet peuvent être plus facilement tenus au courant.”

“Pour les personnes inquiètes par le projet cela permet d’apporter des réponses à leurs questions. Sur le territoire de Charente il y avait l’émergence d’un sentiment de saturation, les gens s’inquiétaient et avaient besoin d’un retour comme celui effectué par Explain. Finalement, le porte-à-porte nous a permis de montrer que ceux qui s’opposent ne représentent pas forcément la majorité de la population.”

Quels sont, selon vous, les enjeux de l’acceptabilité ?

“Les enjeux de demain sont tournés vers l’acceptabilité. On sent que les gens ont besoin de comprendre et d’avoir plus d’informations sur le sujet, mais aussi de donner leur avis sur tel ou tel projet. Plus profondément, il y a le besoin d’être entendu et reconnu plus que celui d’être satisfait : ce genre de concertation permet de toucher une partie de la population qui n’est pas forcément hostile au projet mais qui risque de le devenir si elle n’est pas consultée.”

Porte-à-porte : les fondements scientifiques de la méthode

“Est-ce qu’une discussion de 5 minutes vous fera changer d’avis?” : l’article de Vincent Pons*, chercheur à Harvard, vous explique les fondements du porte-à-porte

Impliquer les habitants d’un territoire dans un projet éolien est un vrai challenge. Entre les associations d’opposants, les réunions publiques qui n’attirent pas grand monde et le manque de temps, il y a de quoi se demander s’il est réellement possible d’engager de bonnes discussions avec qui que ce soit. Mais alors, quelle méthode utiliser pour communiquer et mobiliser ? Pour y répondre, petit plongeon dans les sciences des campagnes électorales…

L’expérience de Alan Gerber et Donald Green

Ces deux chercheurs de l’université de Yale se sont demandés pourquoi les gens participent de moins en moins aux élections. Ils ont émis l’hypothèse suivante : si les gens participaient moins c’est que les méthodes de mobilisation traditionnellement utilisées (courriers, tracts, emails) ne permettaient pas un contact direct entre les électeurs et les candidats et volontaires engagés dans la campagne.

Pour valider cette hypothèse ils ont mené une première étude** en 1998 où ils prennent pour terrain d’expérience la ville de New Haven située aux Etats-Unis (Connecticut). À l’occasion des élections de mi-mandat de cette même année, ils ont divisé, au hasard, en quatre, un échantillon de 30 000 électeurs. Le weekend avant les élections, les volontaires, recrutés par les deux chercheurs, ont fait campagne auprès des différents groupes :

  • Le premier groupe a fait l’objet d’une campagne de porte-à-porte.
  • Les deuxième et troisième groupes ont été contactés pour les uns par des courriers personnalisés et pour les autres par des appels téléphoniques.
  • Dans le 4ème groupe aucune action de campagne n’a été menée : c’est le groupe témoin.

L’hypothèse des deux chercheurs a bien été validée car c’est le porte-à-porte qui a le plus élevé la participation. Le taux de participation du groupe ciblé par le porte-à-porte a augmenté de 12,8 point de pourcentage (44,5% en moyenne dans le groupe de témoin et 57,3% dans le groupe porte-à-porte). L’effet des courriers n’est que de 2,5 point de pourcentage et l’effet des appels téléphoniques est quasiment nul.

Si vous souhaitez en savoir sur la méthodologie de ce travail scientifique rendez-vous ici

D’autres études*** ont été menées sur le même sujet et en prenant l’ensemble des résultats en compte, on estime que le taux de mobilisation est de :

  • 1 personne sur 14 pour le porte-à-porte
  • 1 personne sur 38 pour les appels téléphoniques
  • 1 personne sur 100 000 pour la diffusion de tracts/courriers/emails

Le porte-à-porte, une méthode efficace pour les campagnes électorales mais pas que..

On imagine donc bien qu’avec un tel taux de conversion, le porte-à-porte offre des opportunités considérables qui ne se limitent pas au monde politique. Pour tout projet qui nécessite une mobilisation publique le porte-à-porte peut être utile.

Lorsque l’on cherche à mobiliser autour d’un projet ayant un impact sur le territoire (dans l’éolien, l’immobilier) le contact humain reste le moyen le plus sûr de mobiliser les riverains.

Par exemple, nous avons pu étudier l’impact de campagnes de porte-à-porte en Bretagne dans le cadre d’un projet éolien. Deux campagnes ont été menées sur le même territoire à 10 mois d’écart l’une de l’autre (Mars 2018 et Janvier 2019). Elles ont permis de frapper à 2 820 portes et d’entamer 469 conversations ce qui revient à discuter avec 33% des habitants du territoire. En plus de pouvoir parler avec les riverains et de récolter leur avis, le porte-à-porte a favorisé l’acceptabilité locale du projet. Après la première campagne le pourcentage de personnes favorables était de 45%, il est passé à 48% à l’issue de la seconde campagne. soit une augmentation du taux d’acceptation du projet de 3%!

En conclusion, le porte-à-porte est loin d’avoir fait son temps ! Au contraire, il revient aujourd’hui comme le moyen le plus efficace d’impliquer les personnes dans un projet. Évidemment avoir des outils numériques, des tracts et envoyer des courriers reste important, mais il ne faut pas passer à côté de l’essentiel : le contact humain !

Cet article vous a intéressé ? Téléchargez notre cas d’étude juste ici :

http://content.explain.fr/cas-d-etude-nordex-meuse

* Will a Five-Minute Discussion Change Your Mind? A Countrywide Experiment on Voter Choice in France, VINCENT PONS, American Economic Review 2018, 108(6): 1322–1363 https://doi.org/10.1257/aer.20160524

**Does canvassing increase voter turnout? A field experiment ALAN S. GERBER AND DONALD P. GREEN, Proc. Natl. Acad. Sci. USA Vol. 96, pp. 10939–10942, September 1999 Political Sciences

*** Estimations à partir d’une méta-analyse (cette méta-analyse regroupe 51 études sur le porte-à-porte, 85 sur les emails et 55 sur les appels téléphoniques) menée par Alan Gerber et Donald Green, sur (Green, D., & Gerber, A. (2015). Get Out the Vote: How to Increase Voter Turnout. Brookings Institution Press. Retrieved from http://www.jstor.org/stable/10.7864/j.ctt1657t5x, P. 207, P.213, P.219).

Explain était au Colloque National Éolien 2019, voilà ce qu’on en a retenu !

Le 10ème Colloque National Éolien a été cette année, une fois encore, un vrai succès. Pas moins de 100 exposants étaient présents, parmi lesquels des entreprises dans les domaines de l’étude, du développement, de la construction, du financement et de la concertation. Autre signe positif sur le progrès de la filière en France, la salon a vu défiler 2 200 participants en deux jours !

Une filière qui a le vent en poupe

Cette année encore ce fut un discours particulièrement optimiste. Première grande victoire du secteur : celle de la compétitivité. Désormais les acteurs de l’éolien se présentent comme des producteurs d’électricité et sont capables de vendre de l’électricité à bon prix. En témoigne l’attribution de l’appel d’offre de Dunkerque qui a été fait à un prix très compétitif, inférieur à 50 euros du MGW comme le souligne Olivier Perot, directeur de France Energie Éolienne. La filière éolienne européenne est aujourd’hui leader mondial dans son domaine.

Autre grande fierté largement évoquée lors de ce salon, l’annonce du premier parc éolien offshore en France qui est en passe de se concrétiser, il est actuellement en cours de construction, tandis que plusieurs autres projets sont toujours en développement.

Conséquence de la bonne santé économique du secteur, l’éolien recrute. Ainsi cette filière est le premier employeur ENR en France comme en témoigne la présence de beaucoup d’étudiants et de jeunes lors du salon. Depuis 2016, 2 330 emplois ont été créés et 70 % des acteurs du secteur envisagent de recruter en 2019.

Avec de telles perspectives, la transition énergétique semble en bonne voie en France.

Les nouveaux horizons de la filière

Autre point majeur de ce salon : les défis auxquels fait face l’éolien aujourd’hui. Le premier enjeu, souvent évoqué par les intervenants, était la longueur et la lourdeur des procédures qui ralentissent l’aboutissement des projets sur le territoire. A titre d’exemple, un projet éolien en Allemagne dure 3 à 4 ans tandis qu’en France il ne faut pas moins de 7 années pour que des éoliennes sortent de terre.

Deuxième enjeu : l’acceptabilité. Désormais les acteurs de la filière se doivent de communiquer en amont sur leur projet afin de favoriser un contexte de concertation apaisé. Comme en témoigne l’élue, Marjolaine Meynier, il y a une très forte émotion liée à ce sujet et certaines parties prenantes aux projets peuvent avoir l’impression qu’on leur tord le bras.

Pour répondre à ces problématiques, cette année la part belle a été faite aux élus locaux considérés de plus en plus par le secteur comme les premiers maillons de la chaîne dans le développement d’un projet.

Les élus au cœur du processus de développement

Pour les élus la transition énergétique ne se fera qu’à travers la coopération des différentes échelles les unes avec les autres. Ce mot coopération est revenu à plusieurs reprises et semble être le signe d’un secteur éolien qui a réussi à s’imposer sur le plan de la compétitivité mais qui doit désormais s’insérer efficacement dans les territoires.

Au centre de ce processus de coopération, les élus. Souvent à la tête de territoires ruraux en quête de dynamisme, ils souhaitent que les projets constituent des moyens de favoriser la dynamique de leur territoire. Que ce soit à travers des plans de financement participatif, des créations d’emplois ou des campagnes d’information auprès de la population, il est clair qu’il y a aujourd’hui une véritable demande des acteurs locaux pour plus de coopération. L’objectif n’est plus simplement de s’implanter mais aussi de faire participer toutes les parties prenantes au projet.

C’est dans cette dynamique que cette édition 2019 du Colloque National Éolien a vu l’apparition de nouveaux stands avec de nouveaux acteurs sur le marché et notamment de plus en plus de plateformes de financement participatif et d’entreprises spécialisées dans le domaine de la concertation.

Les nouveaux acteurs de l’éolien

Comme le souligne le président de Vestas France, il y de nouveaux acteurs sur le salon qu’on ne voyait pas avant. Tout d’abord, des plateformes de financement participatif, qui permettent aux riverains de participer eux-mêmes, en partie, au financement du projet. D’autres entreprises se sont spécialisées dans les enjeux de concentration. Que ce soit à travers le porte-à-porte pour informer les riverains ou à travers l’analyse de l’opinion, ces entreprises proposent les services qui forment le trait d’union entre les riverains et les développeurs éoliens.

Finalement, la filière éolienne est aujourd’hui à un tournant : ayant atteint sa maturité économique, il lui reste encore à être reconnue entièrement par la société civile comme un moyen viable sur le long terme d’accomplir la transition énergétique. Cependant, à l’heure où tous les projets sont attaqués par des associations d’opposants, il reste encore du chemin à parcourir pour que les vents de l’acceptabilité soufflent enfin dans les pales de la transition énergétique !

Qui sont nos ambassadeurs ?

La méthode porte-à-porte : déléguer sa concertation à des ambassadeurs formés au projet.

À chaque campagne de porte-à-porte, des ambassadeurs formés par eXplain sont déployés sur le terrain. Mais d’où viennent-ils, comment sont-ils formés et comment se passe leur travail sur place ? Nous vous proposons de le découvrir dans cet article.

Parmi les ambassadeurs certains sont là depuis longtemps, comme Patrick, ambassadeur eXplain depuis plus de deux ans, d’autres, sont arrivés plus récemment, comme Julien, arrivé chez eXplain début 2019. Les profils et âges sont variés : étudiants, chercheurs en sciences sociales, comédiens, intermittents, entrepreneurs, musiciens ou encore photographes. Mais quel que soit leur profil ou leur date de début chez eXplain, ils ont tous suivi la même formation rigoureuse au sein de nos locaux et auprès des chefs de projets.

Après un entretien préliminaire mené par l’équipe opérations d’eXplain pour sélectionner les futurs ambassadeurs, ils suivent une formation dont le but est de leur donner les outils nécessaires pour communiquer à l’oral un message précis aux riverains. Ensuite, l’équipe opérations d’eXplain rédige en collaboration avec les chefs de projets, les éléments de langage qui seront nécessaires pour parler du projet en tant que tel. Après un test de connaissance sur le projet, les ambassadeurs ont tous les outils en main pour partir en campagne !

Pour leur première campagne l’équipe opérations d’eXplain accompagne les nouveaux ambassadeurs afin de finaliser leur formation. S’il y a, pour certains, un peu d’appréhension elle disparaît vite après avoir frappé à quelques portes: “J’étais un peu stressée pour ma première campagne, mais la formation eXplain nous a bien préparé et bien formé au porte-à-porte” nous confie Emma. Les qualités d’un bon ambassadeur sont principalement l’écoute, l’empathie ou encore un bon esprit de synthèse mais c’est l’esprit d’équipe qui est avant tout important pour nos ambassadeurs : “Je n’étais pas très serein au début, mais avec l’esprit d’équipe et l’aide des autres la journée de campagne s’est très bien passée” nous assure Patrick.

Avec l’expérience sur le terrain les ambassadeurs acquièrent un certain savoir-faire dans la façon de mener les échanges avec les riverains. Pendant ces échanges, la parole est au moins aussi importante que l’attitude : “Cela demande une certaine aisance à l’oral et une certaine empathie, il faut savoir être rassurant dès le début” nous dit Julien. La posture, l’intonation toutes ces choses déterminent grandement la qualité de la discussion. Cependant, en plus de communiquer il faut savoir écouter : ”Il faut savoir être réactif et enregistrer les infos que les riverains nous donnent pour pouvoir rebondir facilement pendant la conversation”. En effet, les ambassadeurs sont aussi là pour récolter des informations.

Après l’échange, l’ambassadeur remplit un questionnaire précis sur l’attitude du riverain, ses opinions, ses recommandations et sur les sujets abordés pendant la discussion. En plus de ce questionnaire et grâce à l’application développée par eXplain, les ambassadeurs savent où aller et enregistrent les statistiques d’ouverture des portes ou de conversation. Toutes ces informations seront rassemblées puis analysées par notre équipe afin d’offrir aux chefs de projets une photographie précise de l’opinion des riverains.

Concrètement, lors des campagnes, les ambassadeurs ont pour mission de donner un maximum d’informations sur le ou les projets d’aménagement prévus sur le territoire : ”Ce qui me plaît c’est qu’on démystifie certaines croyances en discutant avec les riverains” affirme Lucas. Pour ce faire, ils vont directement à la rencontre des riverains et la démarche semble bien fonctionner puisqu’elle est appréciée par la plupart d’entre eux: “Les riverains peuvent être sur la défensive au départ mais ils sont plus ouverts à la conversation une fois qu’ils ont compris qu’on est pas là pour vendre quelque chose mais pour donner de l’information”.(Julien) ou encore selon Emma: “Les gens sont assez sympas et ouverts, il sont contents qu’on vienne les voir pour qu’ils puissent donner leur avis.”

Une fois que le premier contact est établi et que le riverain a compris la démarche, il s’agit de récolter son avis. Parfois, c’est plutôt simple, comme le dit Emma : “Les gens ont souvent un avis bien tranché sur la question et ils le font savoir”. D’autres fois c’est plus compliqué et cela requiert une certaine dextérité : “Quand le riverain ne partage pas son opinion sur le sujet, on essaye de redéfinir les contours et le discours s’engage jusqu’à ce que l’on ait une idée précise de son avis”(Julien). mais dans tous les cas, comme le dit clairement Julien : ”On ne surinterprète pas l’opinion d’un riverain !” En effet, chez eXplain la transparence est de mise sur ces sujets : lorsqu’il n’est pas possible de qualifier précisément l’avis d’un riverain, la catégorie « ne se prononce pas » dans le formulaire permet de ne pas fausser les autres catégories d’opinions.

Les ambassadeurs en porte-à-porte chez eXplain sont les mieux placés pour témoigner de la diversité des avis des riverains sur certains projets et “c’est ce qui est vraiment intéressant” nous dit Julien avec même, parfois, des résultats étonnants : “Ce qui peut surprendre parfois c’est que l’opinion sur un même projet peut vraiment varier entre villages voisins. On fait un village, ils sont tous pour et on va au village d’à côté et ils sont tous contre” (Julien). D’où l’importance d’avoir une vision globale d’un territoire, et comme le dit encore Julien : “Ça donne accès à une vision globale qui permet de prendre du recul et d’accéder à une palette d’arguments large.” On ne peut donc pas savoir à l’avance quel est l’avis de la population sur tel ou tel projet, et le seul moyen d’avoir cette information est d’aller à la rencontre des habitants pour leur demander directement leur avis.

Après une journée de porte-à-porte, les riverains rencontrés, dans l’ensemble, apprécient d’avoir été consultés sur de tels sujets : “À Toulouse, les gens aimaient parler avec nous” (Patrick). Pour certaines campagnes les gens ont même beaucoup de questions et un réel intérêt pour le projet : “Une campagne m’a particulièrement marqué. Celle pour un projet immobilier pendant laquelle les gens nous attendaient vraiment et ils nous posaient beaucoup de questions” (Lucas). En outre, les riverains sont souvent fortement impliqués dans les projets : “On a eu une campagne de six jours dans le Grand-Est, très complexe, avec un sujet qui touche vraiment les gens” (Julien).

Il est alors important de consulter la population locale car c’est elle aussi qui participe à la réussite du projet. Le porte-à-porte permet de faire parler la majorité silencieuse, d’exprimer des craintes et contestations parfois refoulées, et ainsi favoriser l’acceptabilité du projet : “Vaut mieux qu’il parle à quelqu’un et que ce soit nous plutôt que de parler à personne et garder leur colère” (Julien). Il y a un “ vrai impact de la situation locale et du contexte sur le projet” (Julien), et cela ne peut pas être sous-estimé.

Alors que les enjeux d’aménagement des territoires sont de plus en plus tournés vers l’acceptabilité et que la qualité et le niveau des concertations deviennent de plus en plus exigeants, eXplain ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Après avoir frappé à plus de 35 000 portes cette année, à travers une trentaine de campagnes, nos équipes d’ambassadeurs continuent de parler de vos projets aux riverains et vous apportent ainsi une vision ultra-précise des enjeux locaux d’un territoire.

Cet article vous a intéressé ? Téléchargez notre cas d’étude juste ici :

https://content.explain.fr/cas-d-etude-engie

Idée reçue n°3 : “De toutes façons, la plupart des habitants sont aujourd’hui contre tout projet éolien”

Lorsque chez eXplain* nous discutons avec les responsables de projets éoliens avec qui nous travaillons, nous entendons souvent les mêmes interrogations sur la manière dont il faut mener une concertation auprès des riverains des projets éoliens : « A quel moment faut-il aller à la rencontre des riverains ?» «Est-ce qu’ils ne seront pas de toute façon majoritairement défavorables ? » « Est-ce qu’aller rencontrer les habitants ne va pas les inciter à se mobiliser contre le projet ?». Notre expérience du terrain et les données que nous collectons nous permettent aujourd’hui de répondre à ces interrogations. Pour ce mois de juin nous vous proposons une série de trois articles pour déconstruire ces idées reçues :

· Idée reçue nº1 : « Si je communique trop, je risque de réveiller les oppositions»

· Idée reçue nº2 : « Si je communique trop tôt, je n’aurai rien à raconter et ce sera contre-productif ! »

· Idée reçue nº3 : « De toutes façons, la plupart des habitants sont aujourd’hui contre tout projet éolien »

Lors de nos discussions avec les élus ou les chefs de projets nous remarquons qu’ils ont souvent tendance à surestimer le nombre d’opposants potentiels. Un des exemples le plus marquant concerne un développeur éolien qui avait un projet en Normandie : cette entreprise a été contrainte par l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) d’organiser une enquête afin de savoir ce que les habitants pensaient des éoliennes. Il se trouve que, dans ce cas précis, la part des riverains soutenant les énergies renouvelables était de 55%: “Il faut développer les éoliennes et le solaire”. Par ailleurs, pour 36% de la population interrogée, la solution la plus souvent évoquée pour faire face au défi énergétique dans la région était l’énergie éolienne.

Opinion moyenne des riverains sur 42 campagnes de porte-à-porte menées autour de projets éoliens

Suite aux 74 campagnes de terrain que nous avons menées autour de projets industriels, nous avons pu compter parmi les personnes que nous avons rencontrées en moyenne 40% de riverains favorables et 17% de riverains défavorables à l’installation d’un projet proche de chez eux.

En isolant les projets éoliens de l’ensemble des projets sur lesquels nous avons travaillé, on remarque que la part moyenne de riverains défavorables à la construction ou l’extension d’un projet éolien proche de chez eux est de 19% pour une part de favorables autour de 42% (cf graphe ci-dessous)

Opinion moyenne des riverains sur 42 campagnes de porte-à-porte menées autour de projets éoliens

Ainsi l’opinion moyenne des riverains autour des projets sur lesquels nous avons travaillés compte une part plus importante de favorables ou neutres que de défavorables.

Faut-il donc en conclure qu’il y a toujours 17% d’irréductibles opposants ? La réalité sur le terrain reste toujours plus complexe que cela. Il n’existe pas de “fatalité” de l’opposition concernant les projets. Parmi les projets sur lesquels nous sommes intervenus le taux de riverains défavorables le plus faible que nous avons calculé était proche des 5% et est monté jusqu’à 58% sur un autre projet. De même le projet le plus soutenu comptait 61% de riverains favorables, tandis que le moins soutenu en comptait 9%.

Ces variations étaient liées à la façon dont la concertation était menée, ceci renforce l’attention à porter au déroulé de la concertation autour de son projet. Plus la concertation se fera en amont et prendra en compte l’ensemble des riverains autour du projet, plus celle-ci permettra d’avoir une vision claire et juste de l’opinion des riverains sur le territoire.

Cet article vous a intéressé ? Téléchargez notre cas d’étude juste ici :

http://content.explain.fr/formulaire-acces-au-cas-d-etude-bourbirac

*eXplain est une entreprise de technologie qui développe des outils pour aider ses clients à comprendre et à informer l’opinion publique locale. Nous intervenons auprès d’équipes de campagnes électorales et des porteurs de projets industriels. Pour les porteurs de projets nous déployons des campagnes de porte-à-porte clés en main pour apporter de l’information et recueillir l’avis des riverains sur le projet. Particulièrement active dans le secteur éolien, eXplain a déjà mené plus de 40 campagnes de porte-à-porte à proximité de projets dans toute la France.

3 idées reçues sur la concertation, l’exemple des projets éoliens (2/3)

Idée reçue n°2 : “Si je communique trop en amont du projet, je n’aurais rien à dire et ce sera contre-productif !”

Lorsque chez eXplain* nous discutons avec les responsables de projets éoliens avec qui nous travaillons, nous entendons souvent les mêmes interrogations sur la manière dont il faut mener une concertation auprès des riverains des projets éoliens : « A quel moment faut-il aller à la rencontre des riverains ?» «Est-ce qu’ils ne seront pas de toute façon majoritairement défavorables ? » « Est-ce qu’aller rencontrer les habitants ne va pas les inciter à se mobiliser contre le projet ?». Notre expérience du terrain et les données que nous collectons nous permettent aujourd’hui de répondre à ces interrogations. Pour ce mois de juin nous vous proposons une série de trois articles pour déconstruire ces idées reçues :

· Idée reçue nº1 : « Si je communique trop, je risque de réveiller les oppositions»

· Idée reçue nº2 : « Si je communique trop tôt, je n’aurai rien à raconter et ce sera contre-productif ! »

· Idée reçue nº3 : « De toutes façons, la plupart des habitants sont aujourd’hui contre tout projet éolien »

A quel moment faut-il initier son processus de concertation ? Dès les premiers contacts avec le territoire ? Avant la pose du mât de mesure, quand c’est un projet éolien ? Pendant les études de terrain ? Avant l’enquête publique ? Ces questions sont souvent un casse-tête pour tout projet local (éoliennes, unité de méthanisation, infrastructure).

Notre expérience des campagnes de porte-à-porte, en particulier autour de projets éoliens, nous apprend que les porteurs de projet ont intérêt à communiquer tôt sur le territoire.

Pourquoi y aller tôt ? N’y a-t-il pas un risque d’alerter les potentiels opposants ou de n’avoir rien à dire ? Contrairement à ce que l’on pourrait penser au premier abord, être sur le terrain en amont du projet permet d’avoir un premier contact constructif avec les riverains. Il permet de clarifier les grandes lignes du projet, même si tout n’est pas encore décidé (pas besoin d’avoir tout ficelé avant d’en parler !) et de faire remonter les sujets d’intérêt des riverains, ce qui sera utile pour la suite de la concertation.

Le manque d’information sur un projet crée souvent une frustration sur le territoire qui peut bénéficier à l’opposition, et c’est en cela qu’il est important de communiquer. Par exemple, la pose du mât de mesure est le premier marqueur d’un projet éolien sur un territoire et soulève déjà des questions chez les riverains. Ainsi, nous intervenons de plus en plus avant la pose du mât de mesure ou au lancement des études pour répondre aux premières questions de la population.

Après avoir mené plus de 40 campagnes dans l’éolien, nous avons étudié le taux de favorabilité des riverains en fonction du stade du projet. On remarque un écart notable entre les riverains que l’on a consulté au moment du lancement des études et ceux qu’on est allé voir en fin d’instruction (cf ci-dessous).

Et cela se ressent dans les conversations avec les riverains : lors d’une campagne en Lozère, nous avons eu des remarques positives des riverains : “C’est une très bonne démarche de venir nous voir aussi tôt” ; “Nous on est jamais prévenu de ce genre de projets et c’est pour ça qu’on est un peu contre”. Au contraire, une campagne réalisée dans la Somme s’est faite après le dépôt du dossier, au moment où le projet n’était plus censé bouger. Les riverains dans ce cas se sentent “mis devant le fait accompli” et sont plus enclins à s’opposer. De plus, lorsque l’opinion est figée il est difficile de la faire évoluer, notamment pour les défavorables : il y a donc un intérêt à venir tôt.

Par ailleurs, lorsque la relation commence dès le début du projet, il sera plus facile de retourner voir les riverains et de les tenir informés tout au long du projet. Nous formons nos ambassadeurs à la remontée de contact des riverains avec qui ils discutent. Avoir leurs coordonnées permet de leur transmettre ensuite des informations et répondre à leurs questions aux stades plus avancés du projet.

Ainsi dans cette situation, l’adage “mieux vaut prévenir que guérir” prend tout son sens : plus les riverains sont au courant en amont des projets, plus il sera facile et constructif de discuter avec eux par la suite !

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*eXplain est une entreprise de technologie qui développe des outils pour aider ses clients à comprendre et à informer l’opinion publique locale. Nous intervenons auprès d’équipes de campagnes électorales et des porteurs de projets industriels. Pour les porteurs de projets nous déployons des campagnes de porte-à-porte clés en main pour apporter de l’information et recueillir l’avis des riverains sur le projet. Particulièrement active dans le secteur éolien, eXplain a déjà mené plus de 40 campagnes de porte-à-porte à proximité de projets dans toute la France.

3 idées reçues sur la concertation, l’exemple des projets éoliens (1/3)

Idée reçue n°1 : “Si je communique trop, je risque de réveiller les oppositions”

Lorsque chez eXplain* nous discutons avec les responsables de projets éoliens avec qui nous travaillons, nous entendons souvent les mêmes interrogations sur la manière dont il faut mener une concertation auprès des riverains des projets éoliens : « A quel moment faut-il aller à la rencontre des riverains ?» «Est-ce qu’ils ne seront pas de toute façon majoritairement défavorables ? » « Est-ce qu’aller rencontrer les habitants ne va pas les inciter à se mobiliser contre le projet ?». Notre expérience du terrain et les données que nous collectons nous permettent aujourd’hui de répondre à ces interrogations. Pour ce mois de juin nous vous proposons une série de trois articles pour déconstruire ces idées reçues :

· Idée reçue nº1 : « Si je communique trop, je risque de réveiller les oppositions»

· Idée reçue nº2 : « Si je communique trop tôt, je n’aurai rien à raconter et ce sera contre-productif ! »

· Idée reçue nº3 : « De toutes façons, la plupart des habitants sont aujourd’hui contre tout projet éolien »

Il peut être tentant de penser que moins on va parler de son projet, moins les riverains seront au courant, plus on a de chances d’éviter des mouvements d’opposition locaux. Combien de fois n’avons-nous pas entendu la question « mais si on communique sur le projet, est-ce que ça ne va pas réveiller des opposants qui sinon ne se seraient pas manifestés ? ».

Ce n’est pas ce que nous ont montré les quelques 40 campagnes de porte-à-porte que nous avons déployées autour de projets éoliens :

1- Les gens entendront parler de votre projet, de toutes façons. Alors autant que ce soit par vous, et le plus tôt possible.

2- Lorsque des oppositions se structurent localement, c’est souvent par manque d’information.

En effet, l’une des principales vertus du porte-à-porte est d’assurer que l’information qui parvient aux riverains sur un parc éolien en projet près de chez eux est une information claire, précise et de première main. Quel genre de questions se posent les habitants sur ces projets ?

Quelques exemples de questions entendues sur le terrain :

« Les éoliennes font du bruit qui empêche de bien dormir la nuit » (dans la Marne) [Pas de risque pour votre sommeil : une éolienne est située à minimum 500 mètres des habitations et émet à cette distance un bruit de 34 décibels, alors qu’un réfrigérateur en émet en général au moins 40 !]

« J’ai entendu dire que les éoliennes seront tout près de chez nous et peuvent tomber sur nos maisons ! » (dans le Cantal) [Faux ! Elles sont à minimum 500m (on peut montrer où exactement), aucun risque pour les habitations !).

Lorsque les doutes autour d’un projet proviennent d’informations de seconde main, d’informations déformées ou de craintes infondées, une meilleure information favorisera l’acceptation du projet. Par ailleurs, répondre directement à ces questions est une belle preuve de transparence et de bonne foi de la part du porteur de projet !

Nous tirons deux constats de l’analyse des données que nous faisons remonter de nos campagnes de porte-à-porte :

1. En général, plus les riverains sont informés, plus la part de riverains favorables est importante. L’exemple le plus frappant est celui d’une double campagne de porte-à-porte que nous avons menée autour d’un parc éolien en Bretagne : nous y sommes allés une première fois pour informer les riverains du projet en cours puis quelques mois après pour mobiliser les riverains pour l’enquête publique. Lors de la deuxième campagne de porte-à-porte la part de la population favorable était de 48%, contre 45% lors du premier passage.

2. La part de riverains défavorables à un projet n’augmente pas lorsque des actions d’information et de concertation sont menées sur le territoire. Par exemple, sur cette même campagne en Bretagne, la part des riverains défavorables est restée inchangée après un premier passage en porte-à-porte (cf ci-dessous).

Ainsi, aller au-devant des riverains pour leur présenter le projet et répondre à leurs questions ne pourra qu’être bénéfique à la suite du projet et à une relation apaisée et transparente avec le territoire. Rester silencieux risque de laisser la part belle aux rumeurs et idées reçues.

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*eXplain est une entreprise de technologie qui développe des outils pour aider ses clients à comprendre et à informer l’opinion publique locale. Nous intervenons auprès d’équipes de campagnes électorales et des porteurs de projets industriels. Pour les porteurs de projets nous déployons des campagnes de porte-à-porte clés en main pour apporter de l’information et recueillir l’avis des riverains sur le projet. Particulièrement active dans le secteur éolien, eXplain a déjà mené plus de 40 campagnes de porte-à-porte à proximité de projets dans toute la France.