L’opposition ne représente pas forcément la majorité : ce que révèle une concertation hyper-locale

Entretien avec Adrien Appéré, Epuron

Le contexte d’une campagne en Charente

Epuron, prévoyait la construction d’un parc de sept éoliennes en Charente. Problème, des associations d’opposants s’étaient déjà constituées suite à l’implantation d’un premier parc éolien et les élus n’avaient aucune idée de l’avis de la population sur ce nouveau projet.

Pour répondre à cette question, Adrien Appéré a fait appel à eXplain pour une campagne de porte-à-porte de deux jours et dans trois communes. Après avoir frappé à 279 portes, la campagne a révélé une photographie précise de l’avis des riverains sur le territoire.

Une photographie précise de l’opinion

Résultat, la plupart sont, soit neutres (25%), soit favorables au projet (45%). Finalement, c’est 70% des riverains qui ne sont pas opposés,contrairement à ce que pouvait laisser penser les pétitions et associations d’opposants. En plus les ambassadeurs ont été largement sollicités par les locaux pour répondre aux interrogations que ce projet suscite.

“Il y a eu une opposition tardive au projet et les élus ne voyaient que cette opposition. L’idée c’était de mettre un chiffre, de quantifier cette opposition et l’avis des locaux. (…) La campagne de porte-à-porte nous a aidé à être rassurés sur des oppositions qui ne se sont, finalement, révélées pas si fortes que cela.”

Adrien Appéré est directeur de développement chez Epuron, il a accepté de s’exprimer sur les enjeux d’acceptabilité et notamment sur l’importance de la concertation.

Quel était votre rôle dans le projet ?

“Je dirigeais le projet et l’intégralité de l’étude, j’étais en relation avec les élus et les locaux”

Pourquoi avez-vous fait appel à eXplain ?

“Il y a eu une opposition tardive au projet et les élus ne voyaient que cette opposition. L’idée c’était de mettre un chiffre, de quantifier cette opposition et l’avis des locaux. Parfois les opposant viennent de loin pour contester le projet ce qui fausse l’idée qu’on peut se faire de l’acceptabilité du projet.”

En quoi la campagne menée en porte-à-porte vous a aidé pour votre projet ?

“La campagne de porte-à-porte nous a aidé à être rassurés sur des oppositions qui ne se sont, finalement, révélées pas si fortes que cela. Par ailleurs, dans un contexte où l’opposition se fait entendre il est important de communiquer différemment. Il y aura toujours des gens contre mais il faut aller chercher ceux qui n’ont pas d’avis pour les inviter à prendre part au projet. La campagne de porte-à-porte nous a permis de mettre en avant un maximum d’avis favorables et de favoriser l’acceptabilité du projet.”

Quels sont, selon vous, les enjeux de l’acceptabilité dans le secteur de l’éolien aujourd’hui ?

“Il faut renforcer cette partie aujourd’hui. On ne peut pas arriver avec un projet et l’implanter sans concertation, il faut apporter plus d’informations et plus de connaissances sur l’éolien. Pour nous, le porte-à-porte est un bon outil car il apporte une connaissance du territoire. Cela recentre le projet sur des éléments dont les locaux sont proches. Par exemple, informer sur la transition énergétique est un sujet qui préoccupe les riverains et favorise l’acceptabilité des projets.”

Cet article vous a plu ? Téléchargez notre cas d’étude sur le projet :

https://content.explain.fr/cas-d-etude-epuron

Ces articles peuvent vous intéresser

3 idées reçues sur la concertation, l’exemple des projets éoliens – Idée reçue n°1 :  » Si je communique trop, je risque de réveiller les oppositions « 

Répondre aux craintes de saturation par le porte-à-porte

L’Open Data : qu’en est-il dans l’Union Européenne ?