Projets éoliens : retour sur une année de campagne

Converser directement avec les riverains autour d’un projet éolien permet d’identifier que la majeure partie de la population n’est pas défavorable à cette source d’énergie.

En 2019, eXplain a mené pas moins de 49 campagnes de porte-à-porte pour informer et discuter avec des riverains impactés par des projets d’implantation de parcs éoliens à proximité de leur lieu d’habitation. Nos ambassadeurs ont visité 165 communes et frappé à 35000 portes. Plus de 15000 portes se sont ouvertes et pas moins de 11000 conversations s’en sont suivies avec les riverains. Ces quelques chiffres montrent combien la concertation citoyenne est au cœur de la gestion de projets éoliens. Les ambassadeurs permettent ce lien direct avec les riverains qui, pour la plupart, souhaitent ces conversations pour s’informer mais aussi s’associer à la transition énergétique de leurs territoires. 

Informer les citoyens, la première priorité

Bien que l’opinion en France soit globalement favorable à l’énergie éolienne (50% des répondants que nous avons interrogés en 2019 l’étant), plusieurs freins subsistent et peuvent ralentir l’émergence de projets éoliens. Le manque d’information est un premier frein : en 2019 seulement 46% en moyenne des répondants étaient informés du projet en développement près de chez eux. De plus le phénomène dit NIMBY (Not in my backyard) n’est pas à négliger : le taux de riverains favorables chute d’environ 10 points dès qu’il s’agit du développement d’un projet éolien à proximité de leur lieu d’habitation.

Les fonctions du porte-à-porte sont donc plurielles et complémentaires : informer, écouter, pour mobiliser et cartographier l’opinion. En outre, l’acceptabilité varie en fonction de la phase de développement du projet, certaines étant plus complexes à appréhender, comme le moment du dépôt de dossier où le taux d’opinion favorable est en moyenne le plus faible (39%). D’où l’intérêt d’intervenir le plus en amont possible pour rassurer et faire la pédagogie nécessaire.

eXplain intervient en toutes phases d’un projet, pour identifier les freins mais également pour créer un réseau de contacts souhaitant s’associer au projet en cours sur leur territoire. Ainsi, les campagnes de porte-à-porte permettent aux acteurs de l’éolien d’optimiser leurs approches de concertation et leur compréhension du territoire sur lequel ils vont intervenir. 
 

Matthias Hamaï, responsable des campagnes chez eXplain, revient sur le bilan de nos campagnes des projets éoliens en 2019.

Comment classez-vous les opinions des riverains interrogés par les ambassadeurs ?

Une personne « favorable » va exprimer son opinion très vite et directement, au travers d’affirmations explicites. Les conversations sont relativement courtes avec ces personnes, aussi parce qu’elles sont généralement dans une démarche proactive d’information sur le projet. De même, à l’opposé, la personne défavorable est souvent virulente et très explicite sur son opinion. L’indifférent enfin, est lui aussi assez identifiable puisqu’il nous fait comprendre très vite son désintérêt du projet.

Les catégories « neutre » et « ne se prononce pas » sont plus complexes et nécessitent une plus grande attention. Une personne neutre va peser le pour et le contre du projet, elle a un intérêt pour celui-ci, pose des questions, on va lui parler plus longuement. Une personne qui « ne se prononce pas » apprend généralement l’existence du projet grâce à notre passage. Elle reçoit des informations de notre part, mais va poser des questions sur le projet ou sur l’éolien en général, son opinion n’est pas encore formée.

Enfin, nous travaillons constamment sur nos catégories d’opinion, notre but principal étant d’avoir une photographie fidèle de l’opinion à un instant T.

En quoi les porteurs de projets éoliens peuvent-ils tirer avantage des campagnes de porte-à-porte sur leurs projets ?  

Les bénéfices sont nombreux et dépendent des enjeux du chef de projet, notre offre de porte-à-porte est protéiforme et s’adapte à chaque client. Sa force principale est le contact direct avec des riverains sans biais de sélection. Ce contact direct signifie également un volume de répondants important, garantissant de ne rater aucun sujet important localement.

Une campagne de porte-à-porte permet très concrètement d’écouter une population, pour élaborer une stratégie de concertation en fonction de ses attentes, d’informer pour mener le projet en toute transparence, ou enfin de mobiliser afin de maximiser le nombre de participants à l’enquête publique.

Ces trois fonctions correspondent au cycle de vie d’un projet éolien, de la prospection à son autorisation par la préfecture : lorsqu’on lance les études, voire avant, on vient se présenter à la population et on écoute les attentes des riverains. Quand le projet se concrétise, on vient informer sur les contours que celui-ci va prendre. Enfin, quand l’enquête publique approche, l’important est de mobiliser au niveau local, quel que soit l’opinion du riverain. Ce qui compte ici, c’est garantir l’échelon local de la mobilisation.

Pour aller plus loin, téléchargez notre case study Nordex