Que faire après une campagne de porte-à-porte ?

Si les campagnes de porte-à-porte permettent d’informer les riverains vivant à proximité d’un  projet à un instant T, elles permettent aussi de guider le processus de concertation sur le long terme. Elles apportent de nombreuses informations sur l’opinion des riverains, sur les sujets qui les préoccupent et sur les attentes de ceux-ci en terme de concertation. Mais savoir comment exploiter ces données n’est pas toujours simple. Dès lors, comment tirer profit d’une campagne de porte-à-porte ? 

Les informations que l’on peut récolter lors d’une campagne

L’opinion des riverains sur les projets industriels

Sur un territoire, grâce au porte-à-porte, on peut déterminer si le projet industriel prévu est bien perçu ou non par la population. A titre d’exemple, nous avons eu l’occasion de travailler avec une entreprise qui souhaitait implanter un projet EnR sur un territoire mais qui voulait s’assurer que ce type d’énergies étaient acceptées localement avant de se lancer dans un processus de concertation.

Il s’est avéré que 77% des personnes rencontrées étaient favorables ou très favorables aux énergies renouvelables avec une préférence pour l’énergie solaire. En effet, 44% ont cité cette énergie comme leur source d’énergie préférée contre 16% pour l’éolien. Ces résultats peuvent permettre d’orienter la mise en place de projets futurs en fonction de l’avis de la population locale sur un thème comme les EnR.

L’opinion locale sur un projet

Plus précisément, les campagnes de porte-à-porte apportent des données sur l’opinion des riverains sur un projet en particulier. Cela offre deux avantages : 

  • Déterminer si un effet NIMBY (not in my backyard – “pas chez moi” ) existe sur le territoire d’implantation : en comparant l’avis des locaux sur les EnR en général avec l’opinion sur un projet en particulier sur le territoire. Si l’avis sur les énergies renouvelables est souvent positif sur un territoire, il arrive aussi que l’opinion sur un projet EnR sur ce même territoire suscite l’opposition. Ceci est le signe qu’il y a un vrai besoin d’apporter de l’information sur le sujet afin de désamorcer toutes idées reçues et fausse croyances.
  • Donner un aperçu précis de l’avis de la majorité silencieuse sur un territoire qui est souvent trop peu entendue au profit d’une minorité bruyante. Sur un territoire la campagne de porte-à-porte permet d’aller à la rencontre d’un maximum de personnes et donne la parole à des riverains qui n’étaient pas entendus avant. Sur ce point, les retours d’expériences des différents chefs de projets qui ont fait une campagne de porte-à-porte sont tout à fait parlants. A ce titre nous vous invitons à consulter les retours d’expériences de chefs de projets qui ont décidé de mener une campagne de porte-à-porte pour un projet éolien:

L’opposition ne représente pas forcément la majorité : ce que révèle une concertation hyper-locale

Des contacts

Les campagnes de porte-à-porte permettent aussi de récolter des contacts : soit des adresses mails, soit des numéros de téléphone, qui seront utiles pour mobiliser des soutiens et les tenir informés sur la suite du projet. En moyenne sur une campagne de porte-à-porte nous récoltons les coordonnées de 44% des personnes avec qui nos ambassadeurs ont eu une conversation. 

Les sujets et thèmes de discussions qui reviennent le plus

Le relevé des sujets abordés lors des conversations entre riverains et enquêteurs permettent de déterminer les thèmes qui ont de l’importance aux yeux des riverains. Chaque projet a ses spécificités. Pour certains projets le sujet qui revient le plus peut être le paysage, pour d’autres ce sera le bruit ou encore l’impact écologique. Ces sujets sont qualifiés en positif et négatif. 

A titre d’exemple sur toutes les campagnes que nous avons menées le sujet le plus évoqué en termes positifs est la transition énergétique (25% de notre échantillon), le sujet le plus évoqué en termes négatifs est le payage (13% de notre échantillon).

Mais ces sujets les plus évoqués varient fortement d’un territoire à l’autre, c’est pourquoi il est important de mener une concertation sous l’angle hyper-local pour répondre précisément aux attentes des riverains concernés.

Comment utiliser ces données après la campagne ?

Montrer aux élus ou aux services l’état une photographie précise de l’opinion

La cartographie de l’opinion des riverains peut être un instrument très utile pour discuter avec les élus. Elle permet de leur montrer objectivement l’état de l’opinion locale et éviter toute estimation d’opposition basée sur des bruits de couloir. Cette cartographie est de plus la preuve de la réelle volonté de concertation de l’entreprise sur le territoire. A l’heure où tous les projets éoliens sont attaqués et font face à des associations bruyantes, cela peut donner une aperçu biaisé sur l’acceptabilité globale du projet. Consulter la majorité silencieuse permet de prouver que tout le monde n’est pas contre le projet. 

Mobiliser les soutiens pour les échéances futures

Les contacts récoltés vont être utiles pour organiser des permanences, des réunions publiques et à terme mobiliser un maximum de personnes pour l’enquête publique. 

En effet, les enquêtes publiques rassemblent en général bien peu de monde alors qu’elles constituent une opportunité pour la population de donner son avis sur le projet. Par ailleurs, cela est aussi utile pour tenir informés vos contacts sur l’avancée du projet et sur des sujets qui les concernent et les préoccupent.

Cibler sa communication sur un projet

En effet, savoir quels sont les sujets les plus abordés lors de la campagne permet de cibler précisément la communication sur les points qui ont de l’importance aux yeux des riverains et de faire ainsi face aux idées reçues dont certains projets peuvent être la cible : l’impact acoustique et visuel, la santé etc… . De plus, c’est aussi l’occasion d’interroger la population sur la façon dont elle veut être informées de l’avancée du projet. Cela peut être sous la forme de permanence, d’ateliers, de distribution de flyers ou encore d’affichage en mairie. Interroger la population sur le meilleur moyen de l’informer c’est maximiser ses chances de l’impliquer dans le projet.

Voici par exemple les recommandations post-campagne pour un projet éolien dans le Pas-de-Calais.

(*A noter que cette campagne a été faite très en amont de l’enquête publique, ce qui offre l’avantage de cibler précisément la communication sur ce projet, néanmoins il est aussi possible de faire une campagne même à un stade avancé du projet)

Ainsi, une campagne de porte-à-porte fournit la base sur laquelle s’appuyer pour communiquer sur un projet et permet de construire sa concertation en se concentrant sur le coeur des préoccupations des riverains. Dans cet esprit, mener une campagne de porte-à-porte bien en amont permet de tisser une relation de confiance avec les riverains pour un climat de dialogue apaisé. Malheureusement, trop souvent, les développeurs de projets, ayant peur de ne rien avoir à dire en amont sur leur projet, tardent à communiquer. Or, cette façon de faire s’avère souvent être contre-productive. Si vous souhaitez en savoir plus sur ce point nous vous recommandons de lire : Idée reçue n°2 : “Si je communique trop en amont du projet, je n’aurais rien à dire et ce sera contre-productif !”

En savoir plus

Le porte-à-porte comme outil de concertation des projets dans les territoires

Découvrir le porte-à-porte

Ces articles peuvent vous intéresser

3 idées reçues sur la concertation, l’exemple des projets éoliens – Idée reçue n°1 :  » Si je communique trop, je risque de réveiller les oppositions « 

Développement du photovoltaïque, quels enjeux ?

Répondre aux craintes de saturation par le porte-à-porte